«UNE ÉNERGIE DU PASSÉ ?

Une tribune de Sébastien Balibar, Yves Bréchet, Edouard Brézin, membres de l’Académie des Sciences

Publié sur le blog science² de Sylvestre Huet journaliste scientifique de Libération

[Je me permets de reprendre cette tribune en l'agrémentant de mes remarques et réponses, car je me trouve un peu peiner de lire sous la plume de si imminents scientifiques des écrits qui me heurtent... Je ne suis qu'un petit chercheur indépendant en géoarchéologie, mais je considère que chaque citoyen doit pouvoir participer au débat sur notre avenir énergétique, et donc me permet moi aussi d'interpeler les rédacteurs de cette tribune. Je vous conseille de lire la tribune sur le blog Science² avant de regarder ma version annotée pour que vous ne subissiez pas ma mauvaise influence. ]

L’avenir de notre énergie nucléaire est au coeur de la campagne électorale.

[Malheureusement je n'en suis pas si sûr mais il faudrait en effet bien qu'elle y soit]

Clivage droite-gauche mais aussi débat à gauche comme en témoignent les prises de position de Michel Rocard ou Jean-Pierre Chevènement. “Energie archaïque“ déclarent les Verts, les yeux rivés sur l’exemple allemand, refusant de commenter la dizaine de centrales à charbon mises en chantier chez nos voisins, ou l’accroissement considérable de l’émission de CO2 auquel leur choix d’arrêt du nucléaire les a déjà conduits : 2 millions de tonnes supplémentaires par mois. Dans ces conditions nul ne peut plus intervenir sans être suspect d’être le porte-voix d’un parti ou d’une tendance. Que le lecteur veuille bien nous faire cette grâce : rien de tel ne nous anime ici.

[Pour mon lecteur mettons les choses au clair tout de suite, moi j'ai fait le choix du Front de Gauche car justement c'est le mouvement qui veux qu'un réel débat s'installe sur ces questions sous la forme d'un référendum, permettant par là même la mise en place de l'expression de chacun sans que des experts, des tractations entre partis ou de belles promesses électorales ne viennent confisquer la parole au plus grand nombre.]

Peu de questions sont aussi complexes et intriquées que celles liées à la politique énergétique qui met en jeu la sûreté de nos installations, le coût que nous payons pour l’électricité, le sort d’industries nationales majeures et de leurs emplois, nos exportations, notre dépendance vis-à-vis de pays tiers, et l’impact sur l’environnement, notamment à travers les déchets et l’émission de gaz à effet de serre (GES).

[Je suis complètement d'accord, et ces questions ne méritent aucune simplification, réduction ou omissions]

Se proclamer écologiste n’est certainement pas suffisant pour pouvoir prétendre détenir la solution des problèmes difficiles posés par le souci de protéger autant que possible l’avenir de la planète.

[Attention aussi de ne pas mettre l’anathème sur une étiquette, pour ma part et éclairer mon lecteur je ne me suis jamais senti écologiste, bien que beaucoup de mes choix et de mes pensés pourrait être qualifié par certains d'écologistes]

Il faut garder à l’esprit un certain nombre de données internationales, en premier lieu l’augmentation de la demande énergétique mondiale qui croit de plus de 2% par an (elle a peut-être même augmenté de près de 5% l’an passé) conduisant au minimum à un doublement de la demande à l’horizon 2050. Cet accroissement se produira quand bien même nous réussirions à réduire sensiblement notre consommation, puisqu’il résulte principalement de l’évolution démographique (9 milliards d’humains prévus en 2050) conjuguée à la croissance de pays émergents auxquels nous serions mal venus de reprocher leur espoir de mieux-être. Simultanément les leaders des grands pays se sont engagés (G8 de 2008) à diviser par deux l’émission de gaz à effet de serre au même horizon 2050, car leur danger potentiel sur l’évolution du climat, avec ses conséquences sur l’élévation du niveau des mers, la désertification et la fréquence des événements climatiques extrêmes, est trop sérieux pour que l’on poursuive dans le scénario  business as usual . Hélas jamais l’émission mondiale de GES n’a été aussi élevée puisqu’elle a encore augmenté de 6% l’an passé.

[Sur ce constat je suis d'accord, et je suis aussi d'accord que le changement de paradigme doit être radical vis à vis de notre impact sur notre environnement. Une nouvelle fois mon adhésion au programme du Front de Gauche passe par sa prise en compte de ce constat et par les propositions de changement de l'ensemble de la société par le biais de sa planification écologique.]

Cette équation, multiplication par deux de la demande, division par deux des GES, la France affichant même un objectif encore plus ambitieux, est un défi considérable qui demandera certainement de tout mettre en œuvre : les économies d’énergie dans les pays développés, le développement des sources d’énergie renouvelables, la séquestration du C02 encore au stade d’études expérimentales, des recherches difficiles sur le stockage de l’énergie, indispensables puisque le solaire et l’éolien sont intermittents, etc. Dans ce contexte l’abandon du nucléaire, qui représente environ 14% de l’électricité mondiale, conduirait à la certitude d’un échec que les générations à venir ne nous pardonneront pas.

[Nous allons voir plus loin comment cette affirmation est construite et sur quelle base peu stable elle l'est...]

La France a développé une industrie nucléaire nationale importante puisque notre électricité est issue pour près de 75% de cette filière. C’est une source d’électricité bon marché, génératrice d’emplois, de ressources à l’exportation, mais c’est surtout une industrie qui n’émet pas de GES.

[Faux, le ciment servant à leur construction ainsi que l’énergie dépensée dans le même but n'est pas exsangue de rejet de CO2, c'est scandaleux de dire un tel mensonge et pas digne de scientifiques]

Certes il y a les déchets, mais le volume des déchets très radioactifs, dans les pays qui, comme nous, retraitent les combustibles usés, est très limité.

[Et quel en est coût en terme d’énergie et d'émission de CO2 ? Ne nous faites pas croire qu'il soit nul. La mise en œuvre du stockage profond des déchets ultimes comme à Bure (Meuse, France) a un coût et il est loin d'être négligeable]

L’accident dramatique de la centrale nucléaire de Fukushima I, qui n’a pris toute son ampleur qu’à cause du tsunami, a évidemment changé la perspective. On n’a déploré, fort heureusement, aucun décès par irradiation. Les données disponibles sur les doses reçues par les intervenants et les populations avoisinantes permettent d’espérer que, même dans le long terme, le nombre de cancers induits par l’exposition aux radiations devrait rester très limité.

[Vœu pieu]

Le traumatisme majeur est l’évacuation des habitants d’une région qui pourrait rester inhabitable pendant quelques décennies.

[Faux, de minimiser à ce point les conséquence de la contamination des sols, Tchernobyl 1986 prouve que l'on doit parler en terme de centaine d'année, votre méconnaissance des sciences du sol ne vous honore pas].

Il est impératif que toutes les leçons soient tirées de cet accident de façon à réduire les probabilités, même si nous savons bien que toutes les activités humaines, barrages, mines de charbon, etc., ont connu et connaîtront des accidents.

[Les conséquences d'un accident nucléaire sont bien plus graves et non encore appréhendables sur le long terme que celles des autres activités humaines. Vous tentez de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et cela aussi décrédibilise totalement votre discours. Tenter de mettre en parallèle des catastrophes comme Tchernobyl et Fukushima avec d'autres accidents industriels est malhonnête. Aucun accident technique n'a eu une conséquence aussi grave que les deux accidents majeurs de l'industrie nucléaire.]

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), l’Institut de Radioprotection et Sûreté Nucléaire (IRSN, organisme public de recherche employant environ 1.800 personnes), les opérateurs (EDF chez nous), s’emploient activement depuis le 11 Mars à analyser cet accident et leurs rapports récents montrent bien leur volonté d’en tirer toutes les conséquences.

[C'est bien le moins qu'ils doivent faire, mais ça n'enlèvera aucunement la probabilité d'un nouvel accident de quelque origine qu'il soit]

L’Académie des Sciences a examiné en détail la façon dont tous ces organismes ont toujours tenu compte des accidents passés et dont ils se préparent à tenir compte de l’accident majeur de Fukushima (voir ici) . Dans son dernier rapport l’IRSN a montré que les réacteurs français étaient sûrs mais il a préconisé différentes améliorations pour prendre en compte des évènements, apparus jusque-là comme très improbables. Le coût de ces améliorations éventuelles serait faible par rapport à la valeur produite chaque année par le parc de réacteurs.

[La non intégration des coûts des catastrophes éventuelles dans le calcul, le rend complètement faussé. Faites le calcul de rentabilité des centrales de Tchernobyl ou Fukushima en y ajoutant les coûts réels induits par leur catastrophe et vous pourrez nous dire si c'est rentable. Vous ne pourrez par ailleurs jamais quantifier les dommages de la catastrophe sur l'environnement, ce coût là sera toujours ignoré, comme l'est le coût réel du démantèlement des centrales et le traitement des déchets. En tant que scientifiques vous pourriez peut-être nous faire ce calcul?]

C’est dans ce contexte qu’il faut analyser les questions sur notre industrie nucléaire. Plusieurs questions sont aujourd’hui posées :

► Arrêt d’une fraction des réacteurs, par exemple les plus anciens qui atteignent 30 ans d’âge. Il faut savoir que les autorités américaines, qui ont une industrie nucléaire plus ancienne que la nôtre, ont accepté il y a quelques années d’autoriser le fonctionnement des réacteurs pendant 60 ans.

[Argument totalement spécieux, parce qu'un autre pays fait une bêtise nous devrions faire la même. N'oubliez pas au passage que la probabilité d'accident augmente avec celle de la durée de vie d'une centrale]

Cette décision nous coûterait peut-être des centaines de milliards,

[encore un chiffrage au doigt mouillé, non digne de votre statut de chercheurs]

mais surtout il n’y a aucun élément permettant de penser que nous éviterions ce qui arrive à l’Allemagne depuis la décision de fermeture des centrales nucléaires par Mme Merkel : l’inévitable appel au gaz ou pire au charbon, entraînant un accroissement considérable de l’émission de CO2.

[Nous ne sommes pas obligé de faire les même choix que l'Allemagne. N'oubliez pas que la recherche sur le nucléaire a bénéficié d'un budget incommensurable par rapport à celui des recherches sur les énergies alternatives. Des solutions existent en terme d'économie d’énergie, d'énergies alternatives, ou encore de relocalisation des sources d’énergie à proximité des zone de consommation. Si nous donnons les moyens mis dans le nucléaire sur ces nouvelles pistes, le savoir-faire et l'inteligence de nos chercheurs peut faire le reste. Regardez ce qui se fait en Suisse.]

Que deviendraient les engagements pris à Kyoto et dans les sommets internationaux qui ont suivi?

[une nouvelle fois vous utilisez la problématique du changement climatiques de façon malhonnête, vous n’intégrez pas dans votre calcul l’énergie et le CO2 consommés pour construire et démantelés les centrales nucléaires, pour traiter les déchets qui résulte de leur utilisation et de leur démantèlement et surtout pour réparer les conséquence d'une catastrophe.]

► Le retraitement c’est-à-dire la séparation du plutonium des combustibles usés sortis des réacteurs. L’intérêt de cette opération est diversement apprécié. Les Etats-Unis laissent les combustibles usés en l’état mais l’abandon récent du site de Yucca Mountain où ils souhaitaient stocker leurs déchets, montre les difficultés de cette option. La France a choisi le retraitement pour deux raisons : i) une division par dix du volume des déchets ii) une utilisation du plutonium aujourd’hui comme combustible, demain dans les réacteurs de quatrième génération (voir ci-dessous). Dans l’état actuel des choses ce plutonium, qui est un combustible nucléaire, est utilisé en France dans un mélange avec de l’uranium pour fabriquer le combustible MOX. Donc à l’heure actuelle il permet d’économiser le combustible ; il est d’ailleurs indispensable de le “brûler“ pour ne pas avoir à gérer quelques centaines de tonnes de ce métal. L’arrêt de la fabrication du MOX serait un gâchis de nos ressources. Mais l’arrêt du retraitement va bien au-delà : ce serait remettre en cause tout notre avenir qui reposera sur la quatrième génération. Ce serait aussi rendre beaucoup plus difficile la gestion des déchets et l’aval du cycle nucléaire. (On a accusé le retraitement d’être proliférant, c’est-à-dire de nature à faciliter les utilisations militaires, mais le plutonium issu du retraitement a un contenu isotopique qui le rend impropre à la fabrication des bombes).

[Sur le retraitement des déchets vous nous faites l'aveu que pour l'instant il n'y a pas de réelle solution que votre hypothétique quatrième génération. Vous faite dans ce paragraphe le constat de la fuite en avant induite par l'industrie nucléaire. Je suis pour ma part partisan de la poursuite de la recherche sur les procédés de réduction et de traitement des déchets et surtout leur stockage pour le très long terme. C'est pourquoi je reste un partisan du laboratoire d'enfouissement de Bure (qui n'est pas si loin de chez moi). Cependant il n'est plus que temps d'arrêter à l'amont la production de nouveaux déchets. Ce n'est pas en continuant de sur-produire des déchets comme le fait l'industrie nucléaire qu'une réduction sera possible.]

► La quatrième génération . L’uranium naturel est un mélange : 0,7% est fait d’U235 fissile ; les autres 99,3% sont de l’U238 quasi-inutile dans les réacteurs actuels. Nos réacteurs ont besoin d’une opération d’enrichissement à 3,5% d’U235 pour fonctionner. Nous avons ainsi un dépôt d’uranium appauvri en U235, résidu inutilisé des opérations d’enrichissement, d’environ 200.000t. Or si cet U238 n’est pas fissile, il est fertile c’est-à-dire qu’irradié par les neutrons rapides issus du plutonium il produit in fine du plutonium combustible.

[Ou comment faire encore plus de matériel potentiellement dangereux...]

L’utilisation de cet uranium appauvri et du plutonium extrait des combustibles usés, est opérationnelle aujourd’hui dans plusieurs pays (Russie, Chine, Inde, États-Unis, Japon).

[Une nouvelle fois ce n'est pas parce qu'on le fait ailleurs qu'on est forcé de le faire]

Sa version sécurisée dans les réacteurs dits de quatrième génération, aujourd’hui à l’étude dans le monde, représente pour nous un potentiel énergétique susceptible de satisfaire nos besoins d’électricité pendant des centaines d’années, sans qu’il soit besoin d’acheter de l’uranium à quiconque, en toute indépendance pour nous.

[Pas de certitude que cela va fonctionner comme vous le dites, l'exemple de Super-Phénix montre à quel point il y a loin de la coupe aux lèvres]

En utilisant l’intégralité de l’uranium, et non le seul U235, on passe de dizaines d’années de disponibilité à des milliers d’années.

[Une nouvelle fois l'argument n'est pas valable car non prouvé, « l'intégralité » est un terme qui chante faux à mes oreilles, ne me faite pas croire qu'il n'y aura pas de rebut dans le procédé...]

L’industrie nucléaire est une industrie tout aussi évolutive que le sont les industries automobiles ou aéronautiques. L’arrêt du retraitement ce n’est pas seulement la fin du MOX, c’est l’avenir de notre capacité à satisfaire nos besoins énergétiques, sans polluer en gaz à effet de serre, qui est en cause.

[Pas la même d'en remettre une couche sur votre mensonge concernant les gaz à effet de serre, vraiment il va falloir que vous arrêtiez de totalement vous décrédibiliser avec ça]

Nous ne pouvons donc pas accepter des annonces de fermeture sans que soit formulée une stratégie réaliste de substitution, respectueuse de la nécessité de préserver notre planète.

[là je suis d'accord, et pour cela il va falloir que la recherche sur le nucléaire commence à partager un peu la manne financière qu'elle reçoit des pouvoirs publics pour permettre à la recherche sur les énergies alternatives de se développer.]

Nous laissons aux économistes le soin de chiffrer les milliards et les emplois que de telles décisions nous coûteraient.

[Et les nombreux emplois créer dans de nouveaux secteurs pour la recherche sur les énergies alternatives, les économies d’énergie, les relocalisations des sources d’énergie]

Nous n’avons cessé d’affirmer que la démocratie n’est pas le pouvoir des experts, que la décision appartient bien à ceux qui tirent leur légitimité d’une élection ; mais cette responsabilité que nous leur confions leur donne le devoir d’analyser les perspectives à court et long terme de leurs choix.

[C'est en effet pourquoi j'ai pour ma part fait le choix de croire au programme du Front de Gauche et de sa volonté de faire un référendum sur ces questions et surtout d'initier un nouveau paradigme qu'il nomme la planification écologique]

L’archaïsme est bien du côté de ceux qui se réclament de la sortie du nucléaire.»

[Là c'est le pompon de la phrase à ne pas mettre sous la plume d’imminents scientifiques tels que vous. Vous ne faites dans votre texte aucunement la preuve de l'archaïsme des personnes qui demandent la sortie du nucléaire et malheureusement vous ne montrer pas non plus une grande modernité en ne vous attachant qu'à des arguments bien spécieux (les autres le font, le nucléaire ne produit pas de CO2, …), dommage car pour la transition énergique qui attend l'Humanité, toutes les intelligences vont être nécessaires...]